Il oscille entre le désir de grandir et la familiarité du confort
Des loups ornent régulièrement les pochettes d’album de Russ, mais la créature qui figure sur celle de W!LD est plus difficile à cerner — quelque part entre le cheval et le loup, elle tourne la tête, l’air songeur. Sur les réseaux sociaux, l’artiste de 32 ans a expliqué que l’image et le titre de ce qu’il présente comme son sixième album (même si on pourrait tout aussi bien le considérer comme son dix-septième) symbolisent un nouveau virage : après des années à poursuivre obstinément la réussite extérieure, il s’intéresse désormais aux contrées plus sauvages et intimes de la découverte de soi.
Cinq ans après avoir terminé son contrat avec Columbia Records et repris le contrôle complet de sa carrière, celui qu’on associait autrefois à la controverse semble s’être assagi. Sur des rythmes soul qu’il produit lui-même, il médite sur le succès, l’amour et son parcours inattendu. « How’d I beat the game without looking at the user guide? » [librement : Comment j’ai gagné sans même lire le mode d’emploi?], lance-t-il d’entrée de jeu.
Mais s’il a ralenti le rythme, il n’a pas pour autant mis de côté ses jeux de mots, toujours à mi-chemin entre le brillant et le malaise. Dans « Go Up », il lâche ce trait d’esprit : « Brooks Garth/This country’s backwards » [librement : Brooks Garth/Ce pays tourne à l’envers].