"Shot in the dark" vient de sortir. Magistral parce qu'inspiré, vif, Intense : jubilatoire.
Si tout l'album est vraiment de cette tenue, de cette exigence, de cette richesse d'instruments et de sons, d’accords et de vraies mélodies breakées qui dépassent le linéaire et le basique, pour certes rester efficaces, sur la grille blues, mais aussi retrouver l'ampleur et l'énergie de la périoide-Panthéon de Bon Scott - comme ce single semble le faire entrevoir - alors ce sera l’inespéré dernier cadeau en forme de très grand album, qui éclipsera même "Black Ice"...
Mais les AC/DC sont aussi capables du pire - comme le lamentable "Rock or Burst" par exemple - aussi la prudence est de mise quand bien même l'espérance bouge... À suivre.
RÉ-ÉDIT : hé bien voilà : c'est bien un GRAND ALBUM.
Certes il s'agit du AC/DC comme on le connait - grille blues, les bases du rythm'blues nimbé au hard rock brut élémentaire, soit donc l'ADN de ce monumental groupe mythique - MAIS cette fois, qui a osé s'aventurer sur des chemins inédits : des sonorités, des accords, des choeurs, des intonations de voix (très gros travail de fluctuation des voix de Johnson) jusqu'à même des contre-temps rythmiques totalement inédits. Et l'expérience est allée jusqu'à explorer un territoire que d'aucun ont toujours juré antagonique au regard de la discographie du groupe : l'émotion d'une nostalgie poignante dans le titre "Through The Mists Of Time" par exemple : le coeur incroyable d'un hymne tragique d'Angus dédié à son frère Malcolm, disparu comme chacun sait d'une tragique et terrible maladie cérébrale dégénérative affiliée à un Alzheimer précoce.
De facto, plus qu'un album réussi : un vrai BEL album DIGNE du deuil qui frappe les AC/DC : il comptera dans l'histoire du groupe, bien après qu'il se soit arrêté. Peut-être est-ce même son ultime d'ailleurs ? On pourra certes objecter qu'ici ou là certains titres sont linéaires ou très inspirés d'anciens albums ("Stiff Upper Lips" par ex et même "Fly on the Wall") mais justement : tout l'album est l'enfant des recherches des frères Young tout au long de ces dernières décennies et qui jusque-là étaient archivées. Aussi bien Malcolm est-il bel et bien crédité de toutes les compostions d'une part, tandis que de toutes façons, ces quelques titres - disons "convenus" (par exemple «Système Down», ou encore «Witch’s Spell» - sont pour autant dans le droit fil de la signature AC/DC et ne desservent pas le restant - ils «font le job» comme il est coutume de dire - ce qui fait donc preuve comme rarement, d'une énergie inspirée totalement retrouvée et qui était perdue depuis "Black Ice", lui-même arrivé de façon inespéré. L'album n'en est donc que plus extraordinaire de talent à l'aulne de ses propres remises en cause et renouveau. Il fait ainsi immédiatement oublier le médiocre "Rock or Bust", qui de facto ne sera donc pas, fort heureusement, le testament d'AC/DC. Après une telle carrière, c'est plus que remarquable : c'est magnifique ; un merveilleux cadeau inoubliable posthume fait à tous les vivants, fans ou non.
De facto, si besoin était, AC/DC est entré au Panthéon définitif de tous les Panthéons du Rock.
Ad vitam eternam.