Moi aussi, ado, je ne vivais que pour ce groupe. Aujourd'hui je réécoute cet album avec un peu de recul et je le trouve toujours unique, essentiel pour une discothèque, bien que très sombre. Les sonorités sont vraiment très étranges. Martin Hannett avait fait un travail très particulier. Son métallique, sensation d'espace et de confinement à la fois, on est dans une banlieue du nord de l'Angleterre, en noir et blanc (mais y a t-il vraiment du blanc ?). Le temps s'étire, les sons résonnent, il y a de la solitude dans tout cela. Les guitares Vox crient leur métal, la basse Rickenbacker racle l'espace, plus loin, sur des rythmiques spasmodiques, très créatives et résonnantes. Un mix original, finalement assez unique. Une oeuvre témoignage à écouter plusieurs fois pour ceux qui ne connaissent pas, pour pénétrer dans cet univers très particulier, un peu difficile, hermétique. Ensuite, on n'en sort plus. Le suicide de Ian Curtis est venu mythifier tout cela, mais si l'on ignore ce fait, c'est déjà un album d'anthologie. PS : suicide à 23 ans, pas 21.