Description

Au rebours d’une tradition séculaire d’hostilité et de méfiance, la régence de Philippe d’Orléans ouvre une nouvelle période, renforcée par le renversement des alliances diplomatiques traditionnelles. Entre 1715 et 1748, par une surprenante accélération de l’histoire, l’Angleterre change radicalement de statut. De l’île des révolutions, elle devient « l’île philosophique », du calvaire des rois, le sanctuaire de la liberté. Non sans résistances, l’entreprise intellectuelle d’une génération aura suffi à renverser les traditionnelles représentations de la nation rivale et ennemie. Au long de ces quelques trente années, l’histoire, l’ordre social et les institutions font l’objet d’une relecture qui élève progressivement l’Angleterre au rang de modèle. Point d’orgue de cette période, l’œuvre de Montesquieu vient couronner cette entreprise de reconstruction. Il est de tradition dans l’histoire des idées politiques de rechercher autour de quelques auteurs des césures, des cassures, qui marquent une ligne de fracture, un « avant » et un « après ». Les pages de Montesquieu sur l’Angleterre en font assurément partie. Elles en sont même l’exemple-type. Une fois ses fondations posées, ses contours dessinés, le modèle anglais gagne en précision entre 1748 et 1789. Désormais cadre privilégié de la réflexion politique et institutionnelle, il suscite tantôt l’enthousiasme, tantôt le rejet, tout en étant un instrument efficace de la contestation des assises traditionnelles de la monarchie d’Ancien Régime.

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