Ce réalisateur a réussi la prouesse de prendre la période la plus intense de l’histoire, et d’en faire le film le plus ennuyeux qui soit. Très très médiocre techniquement, ce film est juste un beau décor, animé par du vide. On dirait une mauvaise production d’amateur, dont les images sont sublimes par on ne sait quel miracle. Surprenant de nullité, presque soporifique. « Un Roi (blafard) et son peuple (désespérant) » ! J’aurais passé un meilleur moment en me faisant crucifier, qu’en regardant ce film. Rien de plus insupportable que de voir un cinéaste traiter d’un sujet fascinant avec des moyens colossaux, et d’en faire un navet pareil. Sans consistance politique, on n’a même pas le plaisir masochiste de s’insurger contre un film qui aurait pu constituer une énième propagande gauchiste, faussant malhonnêtement l’histoire en diffamant nos Rois. Mais plus sérieusement, cette neutralité politique en faveur d’un récit uniquement factuel est à la limite la seule chose à saluer dans ce film... c’est presque admirable de voir enfin la tragique dimension de cette fatalité historique. Je m’explique, le principe qui représente le mieux un Roi est celui de l’incarnation, et le destin de Louis XVI, c’est l’incarnation poussée jusqu’à son ironique apogée. Il a incarné le pouvoir, incarné la France, et le peule a eu besoin de lui faire incarner aussi toute la tension et la misère accumulées depuis des décennies, pour ensuite l’assassiner d’un commun accord ! Comme si son meurtre devenait la panacée nationale, comme si en le tuant on rétablissait enfin la justice et expiait toute sa précarité. Le film a, à la limite, le mérite de mettre cela en évidence. Sinon, quel scénario d’amateur, quels jeux d’acteurs déplorables.