Eastwood , cet artiste gigantesque doit regretter son absence de regard et de réflexion sur ce film. Sans doute emporté par ses démons (qui ont été des muses souvent passionnantes), il oublie qu’il tourne un film censé être humain. Les habitants d’Irak et d’ailleurs sont autant humain et important que l’américain moyen, même celui qui se fabrique un métier et une raison d’être en appuyant sur la gâchette. Même ses rôles d’inspecteur Harry, parfois presque fasciste apportait une réflexion sur le traitement de la criminalité.
Occulter, oublier et juste filmer des simples d’esprits, se faire tuer ou tuer des enfants sans chercher à comprendre quoi que ce soit de comment on en est arrivé là, est navrant.
Les haies d’honneur de la fin sont magnifiques, nous devrions célébrer la disparition de chaque personne de la sorte et dans un film s’intéresser au sujet : la guerre inutile, mais où sont les haies pour les morts innocents d’Irak ou d’Afghanistan ?
Clint Eastwood a pourtant réalisé deux films sur la bataille d’Iwo Jima, chaque film raconte la vision et l’expérience de chaque camp. Un réalisateur qui a réalisé de si grands chefs d’œuvres, et fait preuve d’une telle intelligence a le droit de s’oublier sur un film. Mais ce serait une offense envers cet artiste de créditer son « American Snipper » de « grand film », car ce long métrage n’est que nul, minable et honteux.